Comme je vois les choses

Posté le 3 avril 2014

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Se sentir enseveli dans les papiers qui parlent, je veux dire les dessins,  les ébauches,  les souvenirs (…) on jouit alors complètement de soi. 

Eugène Delacroix

 

Ces dessins, ils sont mon affaire personnelle. Je mesure leur nécessité au fait que probablement, si le monde n’était pas ce qu’il est, je n’aurais jamais du les montrer puisqu’ils suffisent à ce que je suis, ils suffisent tels quels, rangés dans un tiroir, abîmés, délaissés et pour certains oubliés entre deux livres de ma bibliothèque.
Présents.
Après quand on les montre, arrivent toutes les petites lâchetés, on commence à se prendre au sérieux et l’on finit toujours, toujours par mendier un bout de reconnaissance. Mais moi au fond je connais leur valeur, puisqu’ils me sauvent en secret de l’existence, et même parfois l’enchantent au point de la croire éternelle. C’est une très grande joie. Au point peut-être que s’ ils m’étaient retirés, où s’ ils brûlaient dans un incendie, l’époque est si peu sûre, je mourrais, éteint, asphyxié.
Non, je vous mens, ce ne serait si pas grave ! Je laisse cette gravité à l’artiste…engagé. Je n’ en ai pas besoin moi, je peux encore en faire des milliards de ces dessins. Quoiqu’il arrive. J’ai mon propre oxygène.

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